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Rétrospective de l'exposition "Broderie en temps de crises : identités et résistances"

Du 06 au 28 mai 2026

Arts, Exposition

Image pour illustrer l'article

Cette exposition a fait suite à la journée d'étude organisée le 6 mai à la MaCI. L’objectif était de prolonger les échanges entre les intervenants de la Journée d’étude à travers des œuvres mobilisant les techniques de la broderie artisanale ou intuitive comme mode d’expression engagée.

Depuis longtemps la broderie a été associée aux sphères domestiques et au féminin. Relevant des catégories d’« art populaire » ou d’« artisanat », elle a longtemps été perçue comme décorative et utilitaire, ce qui l’a de fait reléguée aux marges de l’Art. 

Cependant, dans un monde contemporain marqué par des crises multiples — politiques, sociales, économiques, écologiques, sanitaires — son statut change, et ce grâce à des artistes, artisanes et artisans engagés prenant pas dans les actions de visibilisation, de contestation et de reconstruction identitaire. La broderie devient l’un des médiums puissants de transmission de mémoires, de résistance et d’affirmation de subjectivités minorées (Chapelain, 2025, LaDuke, 1983). Qu’elle soit associée aux supports matériels traditionnels (chemises, coiffes, tabliers, serviettes, mouchoirs, gants, etc.) ou qu’elle se présente comme une création artistique contemporaine, son geste permet de retranscrire en écriture alternative des récits de guerre, d’exil, de deuil, de lutte et de résilience. Le cas de la vyshyvanka (broderie) ukrainienne démontre avec puissance comment celle-ci devient un outil politique et un geste symbolique de survie identitaire (Gorski, 2021, Greet, 2024). Elle peut aussi devenir une forme d’activisme discret ou explicite, féministe ou écologique, questionnant les normes sociales, les rapports de pouvoir et les récits dominants (Parker, 1984, Bernard, 2018).

Dans l’espace d’exposition du deuxième étage de la MaCI se sont côtoyés des œuvres d’artistes issues de la diaspora ukrainienne, ainsi que d’artistes polonaises, canadiennes et françaises, qui réinventent le geste de la broderie au sein d’écritures alternatives de l’histoire des conflits et des résistances. L’exposition a également mis à l’honneur plusieurs pièces de broderie traditionnelle, telles que des rushnyky ukrainiens du XXe siècle ou des gants brodés par des artisanes grenobloises.

L'organisation de deux visites commentées a permis de poursuivre les réflexions sur une période plus longue et de toucher un public plus large. 

 

Rétrospective en images
 


Visite guidée, avec Eugenia Reznik, post-doctorante en résidence à la MaCI, dans le cadre du projet GATES

 

 

 



La journée d’étude et l’exposition sont une collaboration entre les laboratoires Litt&Arts, ILCEA4 et la MaCI.
Avec le soutien du projet GATES, financé par le Programme d'Investissement Avenir du gouvernement français et mis en œuvre par l'ANR France 2030

 

Publié le 18 mai 2026

Mis à jour le 2 juin 2026